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Sauvons les CPAS pour permettre aux plus démunis de sortir la tête de l’eau

samedi 31 mars 2007, par Frédéric Péters

Avec 644 euros, impossible de se loger, manger, se chauffer ou se déplacer. Inacceptable de demander aux communes pauvres de taxer beaucoup pour pouvoir financer les bénéficiaires CPAS plus nombreux que dans les communes riches : le fédéral doit intervenir davantage. Désolant de voir un système qui condamne la remise en couple, l’accueil d’un ami ou d’un parent. Ecolo dépose deux propositions de loi pour améliorer tout cela !

Ce 1er mars 2007, les CPAS fêtent leurs 30 ans. S’il faut rendre hommage à la vision solidaire qui a inspiré leur création, la « fête » a un goût d’amertume quand on ose regarder la face cachée de notre prospère société belge : 15% de belges flirtent avec le seuil de pauvreté ! Dans certaines communes, en particulier sur Bruxelles (+20,4% de 2003 à 2005), le nombre de bénéficiaires des CPAS est en constante augmentation.

A l’heure des bilans, l’effort du gouvernement violet n’a pas été à la hauteur : 2% d’augmentation en 4 ans…c’est maigre ! 4% de promesses pour le futur, c’est un peu facile…et très insuffisant pour permettre de véritablement vivre décemment.

Les 644 euros mensuellement accordés à un(e) isolé(e) ne permettent en rien de boucler un budget et obligent les intéressés à démarcher pour obtenir colis alimentaires, aides en nature ou à se placer dans l’illégalité en travaillant ci et là.

La trop faible participation (de 50 à 65% aujourd’hui) du fédéral dans le revenu d’intégration sociale (RIS) étrangle certaines communes et leur CPAS, qui ne peuvent dès lors plus que tenter de colmater des brèches en urgence. De surcroît, les tâches dévolues aux CPAS s’accumulent : créances alimentaires, accueil des demandeurs d’asile, médiation de dettes, fonds mazout, chômeurs exclus, aide médicale urgente, etc.

Soucieux de permettre aux CPAS de remplir dignement leurs missions, Ecolo a déposé deux propositions de loi (cf. annexes). La première vise à augmenter le revenu minimum d’intégration au dessus du seuil de pauvreté. Elle vise aussi à mettre fin à la catégorie "cohabitant", qui pénalise la vie en famille ou l’entraide et pousse à l’isolement, au mensonge ou à la fraude.

La seconde proposition revendique une véritable solidarité fédérale et entre communes : contraindre les communes déjà fragiles à gérer toujours plus de pauvreté est inacceptable. Comme l’Union des Villes et Communes de Bruxelles et de Wallonie, et plusieurs associations, Ecolo souhaite une augmentation progressive de l’intervention de l’état fédéral jusqu’à 90% du RIS, soit 90% de solidarité.

- http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/51...
- http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/51...

Pour Ecolo, les CPAS restent un outil dont on peut être fier. Ils méritent donc d’être préservés, mais surtout renforcés pour faire face aux défis actuels. Saluer l’énergie et le professionnalisme des travailleurs coincés entre contraintes horaires et budgétaires et une détresse humaine inacceptable est indispensable. Mais le gouvernement fédéral doit permettre aux CPAS d’évoluer en préservant et consolidant leurs objectifs d’intégration, d’épanouissement social et culturel, et d’émancipation du bénéficiaire.

Enfin, pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion, bien au-delà des CPAS, chaque compétence politique est concernée à chaque niveau de pouvoir. Il faudra s’en souvenir après la fête !

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