Zoé Genot
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Politique d’accueil vis-à-vis des Afghans :

mercredi 17 mars 2010, par Bea

La position de la Belgique à l’égard des candidats réfugiés afghans est hypocrite.

Communiqué de presse

Une trentaine de candidats réfugiés Afghans ont entamé une grève de la faim ce lundi à Ixelles.

Les Afghans sont très peu protégés en Belgique. Tantôt notre pays les expulse directement vers l’Afghanistan (11 personnes ont été expulsées en 2009), tantôt les autorités les expulsent vers la Grèce (85 en 2009 et 8 Afghans rien qu’en janvier 2010 !) au motif que ce pays est responsable de l’examen de leur demande d’asile parce qu’il est le pays d’accès dans l’UE, alors qu’il est notoire que le taux de protection donnée par la Grèce aux Afghans est de 0% selon les statistiques du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) .

Personne n’oserait pourtant contester que l’Afghanistan se trouve dans une situation générale d’insécurité, et que sur le plan humanitaire la situation est catastrophique. Malgré cela, la plupart d’entre eux verront leur demande d’asile refusée pour des raisons de crédibilité, et par conséquent sur une base subjective. En effet, le CGRA (Commissariat Général aux Réfugiés et Apatrides) pose des questions culturellement et socialement inadaptées à ces Afghans qui ne savent pas y répondre correctement : par exemple, on leur demande le nom de leur gouverneur, le prix d’un mouton, etc...

Critiqué de toutes parts pour sa politique à l’égard des Afghans, le CGRA a sorti il y a quelques jours un rapport intitulé « Politique du CGRA à l’égard des demandeurs d’asile afghans » dans lequel il est noté que 40% des dossiers traités en 2009 ont abouti à une décision positive d’octroi d’une protection, çàd à une reconnaissance de statut de réfugié ou à l’octroi de la protection subsidiaire.

Ces chiffres sont incompréhensibles et illogiques au regard des chiffres officiels qui se trouvent sur le site du CGRA pour ces dernières années et surtout par rapport aux statistiques du HCR.

En effet, on peut lire sur le site du CGRA que 1.659 demandes d’asile ont été introduites en 2009 et que seulement 207 personnes ont obtenu une protection pour la même année !En 2008, 879 demandes d’asile ont été introduites et, cette année là, 163 personnes ont obtenu une protection. Suivant ces chiffres, on arrive alors au rapport d’environ 23 à 25 % de taux de reconnaissance, ce qui se rapproche plus des statistiques du HCR concernant la Belgique en 2008

D’après le HCR, le taux de reconnaissance pour la Belgique est très bas par rapport aux autres pays de l’UE :

Belgique : 9% de reconnaissance de statut de réfugié et 14% d’octroi de protection subsidiaire

France : 36% de reconnaissance de statut de réfugié et 42 % d’octroi de protection subsidiaire

P.-B. : 2% de reconnaissance de statut de réfugié mais 38% d’octroi de protection subsidiaire

Italie : 12% de reconnaissance de statut de réfugié et 67 % d’octroi de protection subsidiaire

Il y a quelques années, avant que le statut de protection subsidiaire ne soit transposé dans notre droit belge, les demandeurs d’asile qui ne répondaient pas à la définition du réfugié mais qui néanmoins nécessitaient une protection en raison de la situation désastreuse temporaire de leur pays d’origine, se voyaient octroyer une clause humanitaire. La Belgique ne les expulsait pas et finissait un jour ou l’autre par les régulariser. Aujourd’hui, c’est la situation inverse : alors que la protection subsidiaire est transposée en droit belge, les Afghans sont moins protégés qu’avant…

Le Secrétaire d’Etat à la politique de migration et d’asile, Melchior Wathelet considère en effet qu’il existe des régions sûres en Afghanistan et ne voit pas en quoi il est problématique de les expulser vers ce pays.. Cette situation est tout à fait scandaleuse quand on sait que la Belgique renvoie ces familles afghanes dans un pays en guerre où ils vont grossir les bidonvilles de Kaboul, seule ville véritablement « sure » du pays.

Vu ces constats alarmants, les écologistes ne peuvent que comprendre le cri de désespoir adressé par ces Afghans qui ont entamé une grève de la faim. Les Verts espèrent que les autorités politiques compétentes seront également sensibles à leur détresse et qu’une réelle protection pourra leur être accordée.

Zoé Genot, Députée fédérale

Ma question du 27 octobre 2009 au ministre Wathelet ici

Ma question du 20 janvier 2010 au ministre Wathelet ici

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