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Plus 18% d’enfants en région bruxelloise en 2020. Pas de besoins hospitaliers supplémentaires, d’après Onkelinx ?!

jeudi 4 février 2010, par Bea

Natalité élevée, immigration internationale, appauvrissement... Gouverner, c’est prévoir. Hôpitaux, prise en charge pédiatrique, ... avons-nous étudié les besoins à venir ? La ministre de la Santé ne nous rassure qu’à moitié.

20 Question de Mme Zoé Genot à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’Intégration sociale, sur "la croissance démographique en Région bruxelloise et ses conséquences sur la santé" (n° 18916)

20.01 Zoé Genot (Ecolo-Groen !) : Madame la présidente, monsieur le secrétaire d’État, depuis 1995, la Région bruxelloise voit sa population augmenter. Ces dernières années, de plus en plus de voix se sont levées pour rappeler cette réalité. Certaines études ont été réalisées, comme celle de quatre chercheurs (ULB, VUB, UCL, KUL) qui ont publié une note dans Brussels Studies qui retrace cette évolution. Leur constat : la population bruxelloise augmente, se rajeunit, se diversifie, mais a aussi tendance à s’appauvrir. Plusieurs articles de journaux en ce début d’année font état également de cette croissance démographique de Bruxelles.

D’après les statistiques émanant du registre national, la population bruxelloise aurait augmenté de 17 000 unités en moins d’un an, ce qui fait une population de plus de 1 100 000 Bruxellois ! Cette croissance est deux fois plus rapide que dans les autres régions du pays. Le phénomène est le fruit d’un taux de natalité élevé et de l’immigration internationale.

Votre collègue, M. Charles Picqué, a fait dresser dernièrement un inventaire des besoins en crèches et en écoles que génère cette évolution démographique. Celle-ci a inévitablement aussi un impact sur les soins de santé. Selon les études, entre 25 à 40 % des personnes fréquentant les hôpitaux bruxellois sont des navetteurs, mais il reste important d’avoir de bonnes infrastructures capables d’accueillir tous les Bruxellois à Bruxelles.

Monsieur le secrétaire d’État, qu’a prévu Mme le ministre pour les 10 ans à venir dans le domaine des soins de santé pour répondre aux nouvelles demandes dues à cette évolution démographique ?

Quelles augmentations sont-elles prévues au niveau de l’offre médicale en général ?

Plus spécialement, vu le rajeunissement de cette population, qu’est-il prévu quant au nombre de pédiatres et de lits pédiatriques dans les hôpitaux ? Actuellement déjà, l’offre est nettement insuffisante.

20.02 Jean-Marc Delizée, secrétaire d’État : Madame la présidente, chère collègue, ces dernières années, la population s’accroît effectivement plus vite en Région bruxelloise que dans le reste du pays. La ministre confirme votre observation. Il faut toutefois rappeler que la densité médicale et hospitalière est particulièrement élevée en Région bruxelloise. Le cadastre des généralistes publié en avril 2009 montre clairement que la densité de la première ligne est à Bruxelles une des plus importantes du pays. On y trouve en effet un généraliste pour environ 800 habitants contre une moyenne nationale de un pour 1 100.

En outre, le fonds Impulseo 1 qui attribue des subsides aux généralistes lors de leur installation favorise non seulement l’installation dans des zones à faible densité mais aussi dans les quartiers socialement défavorisés au sein desquels la natalité est plus élevée, comme vous le rappelez dans votre question.

L’évolution de la répartition des tâches dans le système des soins de santé amène par ailleurs ces généralistes à assumer de plus en plus une grande partie des soins pédiatriques, comme le montre l’évolution du personnel de l’ONE. En ce qui concerne les pédiatres, le groupe "Médecins" de la commission de planification a étudié récemment un rapport du nombre de pédiatres en Belgique montrant qu’il n’y a pas de pénurie, sauf dans certains milieux hospitaliers assurant une garde pédiatrique. Cette question est à l’étude. Je rappelle également que l’arrêté de planification que j’ai fait adopter en juin 2008 augmente progressivement le quota de médecins de 753 à 1 230 par an, accroissant de facto également le nombre annuel de jeunes pédiatres.

Enfin, pour ce qui est plus particulièrement de l’offre de soins pédiatriques en milieu hospitalier, une réflexion en profondeur a été entamée avec les pédiatres et avec les gestionnaires d’hôpitaux en vue d’une réforme de la pédiatrie hospitalière. Cette réflexion a commencé par la question de la garde pédiatrique au sein des hôpitaux disposant d’un programme de soins pour enfants. Dans ce contexte, une étude approfondie des potentialités offertes par la prise en charge d’un hôpital de jour s’est avérée nécessaire et vient de débuter. Jusqu’à présent, les normes et le financement de l’hospitalisation de jour ont principalement été organisées dans un schéma d’hospitalisation de jour pour adultes. La liste des actes médicaux retenus pour le financement de l’hôpital de jour en témoigne.

Pour stimuler également l’hospitalisation de jour pédiatrique là où elle est pertinente, il convent d’examiner en quoi les normes ou les règles de financement doivent être adaptées. Sachant que les progrès de la médecine entraînent toujours plus de potentialités d’hospitalisation de jour, cette démarche a toute son importance à l’horizon des dix prochaines années. Une attention particulière a été portée à la revalorisation des honoraires de permanence des pédiatres en exécution de l’accord médico-mutualiste 2009-2010.

Madame Genot, voilà la réponse de Mme Onkelinx à vos questions.

20.03 Zoé Genot (Ecolo-Groen !) : Je suis d’accord avec les constats de la ministre mais j’avoue être inquiète, rien dans sa réponse n’affirme qu’on a examiné l’évolution de la Région bruxelloise et vérifié que l’offre était suffisante dans les divers types (places en hôpital et autres) pour répondre à cette augmentation.

Il y a beaucoup d’hôpitaux en Région bruxelloise mais ils accueillent énormément de patients des autres Régions.

Je ne comprends pas comment des hôpitaux, qui affichent complet à l’heure actuelle, pourront accueillir ces nouveaux patients sans plans de développement. Je voudrais vraiment qu’on entame cette réflexion le plus objectivement possible afin qu’on ne se retrouve pas, dans quelques années, dans des situations de pénurie. Quand on parle de pénurie, cela signifie que ce sont les personnes qui disposent des plus gros revenus qui peuvent échapper aux files d’attente !

[Chambre des représentants – Commission de la Santé publique - Réunion du 3 février 2010 – Extrait du compte rendu intégral (CRIV 52 – COM 0777)]

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