"Le féminisme est une doctrine ou une attitude politique, philosophique et sociale, fondée sur l’égalité des sexes. Le féminisme a pour objectifs :
l’amélioration et l’extension de leurs droits,
la fin de l’oppression et des discriminations dont les femmes sont victimes au quotidien,
leur émancipation
La pensée féministe cherche, en particulier, l’amélioration du statut des femmes dans les sociétés ayant une tradition bâtie sur l’inégalité des sexes."
Une définition parmi d’autres, qui me convient et qui pointe bien l’essentiel : l’égalité, ni plus ni moins.
J’entends souvent " Je ne suis pas féministe mais je trouve injuste..." mais non, foncez, les femmes, les hommes qui êtes pour l’égalité, assumez : "je suis féministe !" Et oui ce combat reste malheureusement d’actualité. Des gros progrès ont été faits : accès à la vie politique, à l’éducation, à l’emploi, au choix de vie, au contrôle des naissances,... Et pourtant, nous n’avons pas le choix et devons continuer à dénoncer : les salaires inégaux (moins élevés pour les femmes), la répartition inégale du boulot à domicile, la première cause de mortalité violente des femmes (leur partenaire), l’augmentation des familles monoparentales (gentille expression pour dire femme seule responsable de ses enfants), l’absence des femmes dans les conseils d’administration, mais aussi la paupérisation (des femmes), la traite, les mutilations génitales, la multiplication des viols collectifs,... La liste reste malheureusement encore longue, ici comme ailleurs.
En tant qu’écologiste, j’ai été un peu privilégiée : élue députée à 25 ans dans un groupe composé d’une majorité de femmes, j’ai été soutenue et peu en bute au machisme ordinaire.
ECOLO est issu de divers mouvements : environnementalistes, pour la politique autrement, tiers-mondistes, mais aussi féministes. Ce qui a laissé des traces : coprésidence mixte, animation mixte des débats importants, listes alternées, … Aussi dans l’organisation : animations pour les enfants dans les congrès, possibilité de remboursement du babysitting, freiner les réunions trop tardives, formations, repérages des timides prometteurs-ses pour les encourager à se présenter, …tous des mécanismes qui profitent à toutes mais aussi à tous ! Mais même chez nous, il faut rester vigilantes et interpeller pour que ce critère ne soit pas oublié pour les engagements aux meilleurs postes ! Et comme tous les mouvements, nos militants viennent d’horizons divers et parfois assez fermés à cette analyse, mais il n’y a aucun doute sur la ligne !
ECOLO me parait donc un bon outil pour cette lutte pour l’égalité : parce que seul-e, c’est très difficile de faire changer les choses ! Et qu’il y a beaucoup à faire. Donc un bon outil exemplatif pour montrer que les femmes sont toutes aussi douées …ou non. Un bon outil pour se battre aux endroits où on partage les budgets : comment on fait rentrer l’argent dans les caisses de l’Etat, qui paie ? Et à qui cela profite ?
Depuis les années 80, on a vu exploser les temps partiels, et si certaines femmes « choisissent » d’opter pour ceux-ci pour mieux concilier prise en charge des enfants et vie professionnelle, constatons que les nettoyeuses et les caissières qui travaillent à l’aube, en soirée ou le week-end ne sont pas vraiment dans cette situation. De plus qui dit travail partiel, dit aussi salaire partiel, droit au chômage partiel, pension partielle, carrière handicapée, …
Des remboursements médicaux ont diminué (des économies faciles à réaliser, les femmes se plaignent peu et sont trop peu organisées…) : diminution des remboursements de certaines pilules contraceptives, de la kiné nécessaire après un accouchement,… Une majorité de femmes séparées continuent à ne pas êtres soutenues par le père de leurs enfants pour leur entretien, et le fonds pour les créances alimentaires obtenu par les parlementaires femmes reste vraiment embryonnaire.
Et pour finir quelques chiffres : dans le monde, les femmes possèdent moins de 1% des richesses mais elles fournissent 70% des heures travaillées et ne reçoivent que 10% des revenus ; deux tiers des analphabètes ; dans le rang des décideurs, on compte 14 femmes sur 100…
Alors oui, je suis féministe, parce qu’il reste encore énormément à faire pour que les mentalités évoluent et que les réformes suivent !
Zoé Genot, Députée fédérale