Zoé Genot
Accueil du site > Travail parlementaire > Accueil de blessés Gazaouis : le gouvernement bruxellois ne tient pas ses (...)

Accueil de blessés Gazaouis : le gouvernement bruxellois ne tient pas ses promesses

jeudi 21 février 2019, par Zoé Genot

Sur ma proposition, le Parlement bruxellois a voté l’accueil de blessés civils Gazaouis en mai 2018. Depuis, le gouvernement bruxellois cherche des prétextes pour ne pas suivre le vote au Parlement !

Extrait du compte-rendu de la commission Finances du lundi 18 février 2019 (disponible dans son intégralité ici)

QUESTION ORALE DE MME ZOÉ GENOT À M. RUDI VERVOORT, MINISTRE-PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT DE LA RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE, CHARGÉ DES POUVOIRS LOCAUX, DU DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL, DE LA POLITIQUE DE LA VILLE, DES MONUMENTS ET SITES, DES AFFAIRES ÉTUDIANTES, DU TOURISME, DE LA FONCTION PUBLIQUE, DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE LA PROPRETÉ PUBLIQUE, ET À M. GUY VANHENGEL, MINISTRE DU GOUVERNEMENT DE LA RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE, CHARGÉ DES FINANCES, DU BUDGET, DES RELATIONS EXTÉRIEURES ET DE LA COOPÉRATION AU DÉVELOPPEMENT, concernant " la prise en charge de blessés civils gazaouis ".

Mme Zoé Genot (Ecolo).- Depuis mars 2018, des milliers de Palestiniens se rassemblent toutes les semaines le long de la barrière frontalière gardée par l’armée israélienne, pour demander un assouplissement du blocus israélien de la bande de Gaza et le droit au retour sur les terres perdues lors de la guerre e 1948. Ces rassemblements sont loin de se passer sans heurts. De nombreux morts et blessés sont à déplorer, et la situation ne cesse de se détériorer. Tous les observateurs ne peuvent que constater de graves problèmes d’accès à la santé, à une alimentation équilibrée, aux matériaux de construction, ainsi qu’un taux de chômage endémique, étant donné l’impossibilité de mener des activités économiques sous le blocus. La population est complètement désespérée.

Il y a quelques mois, je vous interrogeais sur les suites données à la résolution adoptée par ce parlement le 25 mai 2018, plus précisément en matière de prise en charge de blessés civils par les institutions de soins de notre Région. Par le passé, la Région bruxelloise a ouvert ses hôpitaux à plusieurs blessés lourds de la bande de Gaza, les institutions hospitalières de la bande de Gaza n’étant plus capables de soigner correctement les blessés. De plus, face aux difficultés d’accès au pétrole, les hôpitaux sont bien souvent privés d’électricité et dans l’incapacité de fonctionner comme il se doit.

Dans sa réponse, M. Vervoort m’avait annoncé prendre contact avec les bourgmestres des communes où se trouvent des hôpitaux publics. Il s’agissait pour lui de déterminer les capacités d’accueil avant de s’entretenir avec ses homologues du gouvernement fédéral sur leurs intentions en matière d’aide à l’accueil médical des blessés, mais également sur les formalités d’accès au territoire.

Nous craignons une recrudescence des violences, aggravée par une incapacité pour les hôpitaux de Gaza à prendre en charge les soins des personnes blessées. En raison du temps que de telles procédures peuvent prendre, nous aimerions savoir si nous sommes préparés à activer cette mesure prévue dans la résolution du 25 mai 2018.

Avez-vous pu évaluer la capacité d’accueil de nos hôpitaux publics ?

Avez-vous pris contact avec vos homologues du gouvernement fédéral concernant le dispositif à activer pour un accueil médical d’urgence ? Si oui, pourriez-vous nous en dire davantage sur la mise en place de ce mécanisme ?

M. Guy Vanhengel, ministre.- Le gouvernement bruxellois est sensible à ces questions, ainsi qu’aux résolutions du Parlement bruxellois. C’est pourquoi nous nous assurons régulièrement de la capacité d’accueil de l’ensemble de nos hôpitaux publics, entre autres en cas d’arrivée de blessés de l’étranger. Ces hôpitaux sont, aujourd’hui comme par le passé, en mesure de traiter ces demandes. Cette année, l’hôpital Saint-Pierre a, par exemple, accueilli cinq enfants victimes de la guerre dans la bande de Gaza, avec leurs mères. Ceux-ci ont été pris en charge par une équipe multidisciplinaire.

Toutefois, ce type d’opérations est du ressort du gouvernement fédéral. C’est donc à lui de voir si ce type de blessés peuvent, voire doivent être accueillis chez nous - pour peu qu’il y ait une demande en ce sens - et ce que cela implique en termes de sélection, de transport, de traitement médical, d’accueil des familles, de post-traitement, etc. C’est également le gouvernement fédéral qui, lorsque nous sommes confrontés à de tels cas, prend les décisions permettant l’accès au territoire concerné.

Je me souviens très bien avoir passé toute une nuit au 16, rue de la Loi au sein du comité ministériel restreint pour régler le rapatriement vers la Belgique d’un certain nombre de blessés à la suite d’un tremblement de terre en Haïti. C’est le gouvernement fédéral qui règle et organise l’accueil et l’accès à notre territoire. Une fois cet accès réglé, le réseau hospitalier bruxellois, l’un des meilleurs au monde, est tout à fait apte à travailler de commun accord avec l’État fédéral pour que les meilleurs soins soient dispensés, mais tout cela se règle par le biais des administrations fédérales et non bruxelloises.

Mme Zoé Genot (Ecolo).- J’entends que le gouvernement est sensible au problème et attaché à la résolution adoptée par le parlement mais, malheureusement, vous ne me dites rien des actions effectivement entreprises. C’est pourquoi j’ai posé explicitement la question de savoir si vous aviez pris contact avec vos homologues au gouvernement fédéral.

S’il est exact que l’accès au territoire est une compétence de l’État fédéral, il est clair qu’en l’absence de demandes concrètes, il ne décidera pas d’initiative de répondre à l’appel des ONG qui constatent la situation sanitaire et médicale catastrophique sur le terrain et réclament d’urgence le soutien d’autres États pour y remédier. C’est dans cette mesure que je considère qu’il n’y a pas de véritable suivi de la résolution.

Le texte demandait clairement que l’on prenne les blessés en charge. Cette situation dure depuis des mois et non seulement nous n’avons accueilli aucun blessé mais nous n’avons même pas entamé de démarches. Qu’attendons-nous ? Ce n’est pas au Parlement fédéral que la résolution a été votée !

M. Guy Vanhengel, ministre.- J’ignore si vous avez pris connaissance des prises de position du gouvernement fédéral sur la bande de Gaza et l’arrivée de réfugiés de cette partie du monde.

Mme Zoé Genot (Ecolo).- J’entends au contraire que le gouvernement fédéral ne s’en préoccupe guère et qu’il veut les laisser se débrouiller seuls. Des ONG affirment que les hôpitaux de la bande de Gaza ne sont plus en mesure de soigner les malades et les blessés. La résolution votée par notre parlement prévoit explicitement que nous devons tout faire pour leur ouvrir nos hôpitaux. Or, je constate que rien n’est fait dans ce domaine.

M. Guy Vanhengel, ministre.- L’accès au territoire belge ne relève ni du parlement ni du gouvernement bruxellois.

Mme Zoé Genot (Ecolo).- Soit, mais à la suite de la résolution votée par notre parlement, le gouvernement bruxellois est habilité à demander au gouvernement fédéral d’accorder des laissez-passer à des gens qui viendraient se faire soigner dans nos hôpitaux. Or, il ne l’a pas fait.

- L’incident est clos.


Lien vers la question précédente

Lien vers la proposition de résolution n°A 681-1 2017/2018

Suivre la vie du site Fil RSS 2.0 | | Plan du site | Site réalisé avec le logiciel libre
Police des titres : MEgalopolis Extra, de la fonderie SMeltery.